Style

Mode et pollution : tous responsables de la mode !

Vous êtes-vous déjà demandé d’où venaient vos vêtements ou même comment étaient-ils fabriqués ? Ces questionnements sont légitimes, et surtout importants, pour consommer de manière responsable et faire changer les choses.

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Alors que les questions environnementales envahissent notre quotidien, il est grand temps d’aborder le sujet : la mode est aujourd’hui la deuxième industrie la plus polluante au monde !
Elle rejette entre 3 et 10% des émissions de carbone ainsi que près de 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre dans l’air. C’est comparable au trafic aérien et maritime mondial réuni… Hallucinant, non ? Mais pour quelles raisons au juste, fabriquer et acheter des vêtements en revient à polluer autant la planète ? Petit tour d’horizon des raisons et surtout, des pistes d’amélioration !

 

La course à la production des matières

Les matières naturelles
Le coton, la soie… Tant de matières qui sont si agréables à porter, qu’à toucher et qui poussent seul dans la nature. Mais il faut savoir que ce ne sont pas les plus écologiques… Il est important de noter que de nombreux engrais et pesticides sont employés pour multiplier les rendements de ces matières végétales, afin de produire davantage de vêtements dans le monde. Certaines matières ont également besoin de beaucoup d’eau, comme le coton par exemple. L’inconvénient de ce besoin d‘eau, outre l’assèchement de la terre, est qu’ensuite, les eaux usées sont déversées dans des cours d’eau après utilisation. Entrainant ainsi la pollution des mers et des océans. Et ce n’est que le début, il faut ensuite qu’elles soient travaillées de sorte à être plus résistantes pour l’homme et aux différents colorants…

En plus de s’être approprié la flore pour s’habiller, l’homme s’est également approprié la faune pour ses manteaux et sacs à main, entre autres. De nombreuses bêtes sont élevées pour leur peau ou leur fourrure, les matières sont travaillées à l’aide de produits très chimiques pour faire en sorte qu’elles soient réutilisables au quotidien et lavables. Des élevages qui épuisent la terre.

Les matières synthétiques
Comme son nom l’indique, la fibre synthétique est à base d’hydrocarbures, on oublie donc les animaux et les fleurs ! Une solution qui ravit les protecteurs animaliers…mais pas forcément la planète ! Depuis le début des années 2000 et ce jusqu’à aujourd’hui, il s’avère que la production des fibres synthétiques a presque triplé ! Elle est passée de 8,3 millions à 21,3 millions de tonnes !
Cependant, les matières synthétiques restent polluantes dans leur mode de fabrication, car, qui dit synthétique, dit forcément produits chimiques…

Mais existe-t-il réellement des matières qui ne polluent pas ?
La première piste va vers les matières à cultures peu polluantes. Le chanvre biologique, le lin ou encore la fibre bambou sont des matières biodégradables, hypoallergéniques et issues de ressources renouvelables. Magnifique, non ?
Ce sont des matières très résistantes et peu polluantes : le chanvre est antibactérien et antifongique. Pas besoin de produits chimiques pour le rendre hypoallergénique.
Le lin ne produit pas de déchet, n’a pas besoin d’eau pour son développement et absorbe énormément de CO2. Résultat, la France est leader mondial de sa production et nous, nous sommes contents.
La seconde piste va vers les fibres biologiques, contrairement aux cultures traditionnelles, elles utilisent des engrais naturels et clairement moins d’eau. La certification GOTS est un bon point de repère (Global Organic Textil Standart), en d’autres termes, si votre tissu est certifié GOTS, c’est qu’il est bon pour la planète 😊.

 

Les teintures toxiques

Chaque vêtement est teinté lorsque vous l’achetez. Mais savez-vous avec quoi et comment sont-ils teintés ? Il ne s’agit pas seulement d’appliquer un produit sur le vêtement pour lui donner une jolie couleur.
La teinture est extrêmement toxique et nocive pour la santé car elle est fabriquée à partir de lourds métaux comme des résines synthétiques ou encore de la soude caustique, aussi dangereux que l’acide sulfurique. Tous ces produits passent dans votre sang. Ils finissent par ne plus être éliminés et perturbent votre système immunitaire. Pensez toujours à laver vos vêtements neufs avant de les porter, c’est un geste indispensable pour votre santé.

L’alternative : les teintures végétales
Il s’agit d’une méthode datant du début du 20e siècle, qui consiste tout simplement à obtenir des teintures à base de plantes. Le principe est simple, vous laissez bouillir de l’eau additionnée de certaines plantes au pouvoir colorant, puis une fois la mixture préparée, vous y plongez vos vêtements, pour ensuite les laisser sécher tranquillement. Ces teintures sont d’une extrême délicatesse dans leur nuance.
Mais cette méthode peut couter jusqu’à près de 100 fois le budget d’une teinture chimique, a une palette de couleur correspondant à celle que nous offre la nature et prend du temps…des arguments imparables pour les gros consommateurs !

 

Les fabrications honteuses

Le scandale du Bangladesh
Pour ceux qui étaient devant leurs écrans le 24 avril 2013, vous devez forcément vous souvenir de la catastrophe qui a eu lieu au Bangladesh : un bâtiment destiné à la confection de vêtement de grandes marques occidentales s’est effondré car il était mal construit et mal entretenu. Résultat, ce ne sont pas moins de 1133 travailleurs qui ont perdu la vie ainsi que 2500 personnes blessées.
Des scandales aussi honteux que les salaires misérables des petites mains. Nombreux sont les reportages en caméra cachés qui dénoncent les conditions de travail des enfants. Ces « petites mains », comme on les appelle, sont payées seulement 1 euro pour 12 heures de travail.
Ce qui paraît impensable de nos jours est pourtant bien réel…

 

La consommation à outrance de la mode

La fast fashion renouvelle toujours ses collections…stimule jour après jour vos envies, et renouvelle vos besoins d’achat encore et encore…..Mais que faire de vos vêtements qui débordent de vos placards ?
Certains les donnent à des amis afin qu’ils retrouvent une nouvelle vie, d’autres les jettent sans se demander où ils vont par la suite. Ces morceaux de tissu, qui ont fait votre bonheur et qui ont pu parfois partager vos peines, se retrouvent dans des décharges, principalement en Afrique et en Chine. Là-bas, ils restent dans des conteneurs des dizaines d’années en attendant de se décomposer et de polluer davantage.
Il existe de nombreuses solutions pour aider la planète à se reposer et à respirer si votre placard déborde. Passons-les en revue.

La vente sur Internet
Vous pouvez leur offrir une nouvelle vie grâce aux sites de revente de vêtements tels que Vinted, United Wardrobe ou encore le bon coin. Aussi simple d’utilisation, vendre vos vêtements vous rapportera de l’argent en plus d’avoir réalisé votre B-A du jour 😊.

Le recyclage créatif
Le DIY est grande tendance mode sur les réseaux sociaux : il s’agit de transformer un vêtement en un autre vêtement. Si vous avez des t-shirts dont la coupe ne vous plait plus, vous pouvez toujours le retailler en débardeur et le tour est joué ! Vous avez un nouveau haut que vous pourrez reporter et cela sans avoir cassé votre tirelire. Regardez les tutos sur internet et vous stimulez votre créativité !

Les dons
De nombreuses associations comme La Croix Rouge ou encore La Pièce Solidaire, récupère vos vêtements pour les redistribuer aux personnes démunies. Un geste écolo, qui sauve, et qui tient chaud au cœur 😊.

 

La mode ne se défile pas !

Stella McCartney : l’amoureuse de la nature
Sensible à la question environnementale depuis son plus jeune âge, Stella McCartney est une créatrice de mode particulièrement connue pour ses engagements. Le dernier en date relève de cet été, pendant la manifestation « Go for Good », initié par les Galeries Lafayette. Cet événement consiste à sensibiliser davantage les consommateurs de vêtements à la question de l’environnement, en montrant qu’il est possible d’adopter une mode responsable, éthique et durable, comme le veut faire entendre la créatrice britannique.

Des collections aux (faux) poils
C’est décidé, de plus en plus de marques abandonnent la vraie fourrure pour une mode éco-responsable. De grandes enseignes comme Burberry, Givenchy, ainsi que des designers comme Victoria Beckham ou encore Donatella Versace ont eu une prise de conscience et ont troqués la fourrure tant adorée dans les années 90 contre les fourrures 2.0 conçues à partir de synthétique. Et il faut dire que ça marche ! Cette année, la fourrure a été totalement bannie de la Fashion Week de Londres, événement phare dans l’industrie de la mode et de la haute couture.

Trouver votre véritable style
Notre comportement d’achat compulsif nous pousse à toujours acheter plus et à accroître la fabrication de vêtement. Peut-être est-il temps de réduire notre consommation et à trouver votre véritable style ? Celui qui parle bien de vous et qui vous correspond réellement. Celui qui ne vous demande que quelques chouettes pièces que vous aurez envie de porter dans le temps ! Posez-vous les bonnes questions et verbalisez vos envies profondes, c’est le bon moyen pour vous diriger vers une consommation responsable et sensée.
Pour vous y aider, j’ai écrit durant 18 mois ma méthode qui aborde point par point les étapes pour savoir qui vous êtes réellement et comment faire pour le faire transparaître et l’affirmer. Car se faire plaisir avec de beaux vêtements adaptés est une chose, mais porter tout et n’importe quoi en est une autre qui ne fera qu’accentuer votre manque de confiance en vous car cela ne vous correspondra pas !

Acheter

La mode ne se défile pas ! Il existe encore plein d’autres solutions pour sauver des vêtements en fin de vie ! Et vous, vous avez d’autres idées pour contribuer à sauver la vie des vêtements ? (Et celle de la planète aussi).

Caroline

Une réponse à “Mode et pollution : tous responsables de la mode !”

  1. Valérie dit :

    Une belle réflexion…

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