UNE POLITIQUE

QUE RÉVÈLE LE LOOK DES POLITIQUES ? (22 avril 2017)

Si au premier abord « Politique » et « Look » n'ont rien en commun, l’Image est pourtant une arme de communication massive. A l'heure des élections présidentielles, la question est plus intéressante que jamais…

« Pourquoi les électeurs ne serait-il pas influencés par la beauté d’un candidat, explique Jean-François Amadieu, sociologue*, alors que toutes les études prouvent que des employeurs le sont quand il s’agit de recruter ? Si un candidat obéit aux standards de la belle apparence – bonne taille, pas de surpoids, bonne santé, forme physique, visage bronzé et élégance vestimentaire –, il part forcément avec une longueur d’avance. »**

Les enjeux d’un look mal maîtrisé en Politique

Un look - et donc une image - mal anticipés sont autant de petites bombes à retardement. Plusieurs leviers doivent être considérés.

 

Respecter un certain Savoir-Vivre vestimentaire

On repense tout naturellement  à l’affaire de la montre Rolex de Nicolas Sarkozy. Accusé de ne parler qu’à une partie aisée de la population, les années Sarkozy ont été écornées par cette image du premier jour. Au cours du quinquennat actuel,  François Hollande aura lui aussi été chahuté pour  avoir régulièrement les poches de pantalon remplies et pour porter ses costumes  trop grands. Un étudiant a même créé avec humour « François, ta cravate ! », un site qui répertorie toutes les apparitions publiques autours duquel François Hollande a porté sa cravate de travers. Si cette anecdote est plutôt gentillette, il est vrai que ces mauvaises habitudes ont conféré au Président une image quelque peu vieille école et même malheureusement, un peu négligée.

En politique plus qu’ailleurs, sous les feux permanents des projecteurs du monde entier, les personnalités doivent essayer au maximum de ne pas négliger les codes de Savoir-Vivre afin de ne pas s’attirer les moqueries de la population.

 

S’adapter à son électorat

C’est un point qui est extrêmement d’actualité, car il peut créer de véritables clivages entre le Politique et les électeurs.

On se souvient que Rachida Dati avait beaucoup fait parler pour son goût pour les grands couturiers. Bien que la mode soit une passion partagée par beaucoup de femmes, il est assez compliqué de renvoyer une image  Luxe en politique. L’électorat peut ne pas comprendre ce choix et considérer le politique comme déconnecté de la vie réelle.  Il est certainement primordial de « parler » à la population. Stratégie adoptée d’ailleurs par Nathalie Kosciusko-Morizet, lorsqu'elle briguait la mairie de Paris. La candidate des Républicains avait délaissé sa coiffure nâtée, qui renvoyait une image Bourgeoise, au profit d'un look plus Parisien: chemise blanche ample, jean et  carré flou, afin de paraître plus décontractée, plus accessible, et de fait, parler à son électorat ! Mais attention, un dernier levier entre en jeu, et c’est certainement le plus important…

 

Installer son image dans le temps

Un changement d’image réussi et efficace s’installera dans le temps, afin d’être le plus sincère possible et ne pas passer pour un coup marketing. Un exemple assez parlant est celui de François hollande: Lui qui arborait pendant sa campagne un style assez décontracté d’homme sympathique et « normal » qui roule en scooter (afin de proposer une réelle alternative au style Sarkozy), a du soigner sa stature d’homme d’Etat une fois élu. Régime strict entrainant une perte de poids considérable, coloration de cheveux. Les efforts furent un peu trop brutaux pour paraître naturels et l’on a plus senti le Président mal a l’aise dans ce nouveau rôle.

Il en fit de même pour Ségolène Royal en 2008, qui devait rajeunir et adoucir son image. Elle qui était une fidèle des tailleurs-jupe avait renouvelé sa garde robe avec des robes blouses très amples, colorées ou en denim, et avait opté pour une coiffure "crinière bouclée".  Le relooking, qui lui allait pourtant très bien, avait été un peu trop brutal - Ségolène Royale reviendra quelques mois plus tard à son ancien style.

Le secret d’un relooking réussi est bien là: il se positionne dans le temps, il évolue petit à petit sans jamais être brutal.  Il commence par des petites touches. Et il se doit avant tout de respecter la personnalité du candidat, non seulement  pour  être crédible mais aussi tout simplement pour que le Politique se l’approprie avec plaisir et le fasse évoluer avec lui.

 

Qu'en est-il de nos candidats à la présidentielle ?

En cette année d'élection législative, il est intéressant d’observer de plus près le style de nos Politiques, leur évolution, leur symbolique.

La rupture s’illustre beaucoup dans la couleur. Auparavant, le gris était LA couleur de référence en politique. Synonyme de neutralité, elle permettait de faire oublier la tenue au profit du contenu du discours  et donc de refléter le sérieux.

Aujourd’hui, Hommes comme Femmes sont habillés en  bleu marine. Symbole de rigueur (les tenues des officiers sont en bleu marine dans notre société), cette couleur aide les candidats à incarner le changement, à montrer qu'ils peuvent tenir la barre du bateau.  Mais ils viennent également adoucir ce message de droiture en portant  du bleu ciel.  Inspirant le calme et l’apaisement, cette couleur douce vient se mêler à la rigueur du bleu marine pour créer le mélange idéal.

 

 

Il est justement principalement porté par (est-ce une question de génération ?) Emmanuel Macron (ou Bruno Le Maire pendant la primaire) qui a une volonté de se positionner  comme « Jeune et Dynamique, proche des jeunes d’aujourd'hui". L'ancien banquier d'affaires de chez Rotschild a donc modernisé son style en rajeunissant ses noeuds de cravate, et en optant pour des chemises bleu ciel,  plébiscitées par les trentenaires aujourd’hui. Il est assez largement considéré comme étant à la mode et de bon goût, ce qui lui vaut des parutions régulières dans les magazines  masculins.

 

On note que Benoit Hamon également reflète une image contemporaine et soignée, avec des tenues simples mais toujours très bien coupées.  Natalie Rozborski dans Le Figaro Madame décrypte «Son humilité politique se retrouve dans sa simplicité stylistique. Sa constance vestimentaire rappelle son étonnante constance idéologique. La neutralité de son look est au service des idées qu'il défend.» S’il est toujours bien habillé, il ne porte pas de détail raffiné tels que les boutons de manchette, la pochette ou une montre luxueuse. En accord avec le côté « Universel » qu’il défend. Il s’habille en costume  simplement car cela est son cadre professionnel.

 

A gauche, Jean-Luc Mélanchon avait en 2012 soigné sa stature présidentielle en adoptant le costume, les chemises blanches et les cravates lie-de-vin (ou bien écharpe rouge lorsqu’il était en manteau), afin de toujours arborer la couleur symbolique de son parti.  Aujourd'hui, il avait besoin d’une image plus simple, de travailleur, d’homme politique qui comprend le quotidien des ouvriers et qui ne dépense pas inutilement son argent. Son look a été complètement revu dans ce sens: Il porte désormais une chemise pratique et confortable: la chemise Dartagnan , qui vaut 56,34€ chez Bragard, un site destiné aux professionnels de la restauration et de l’hôtellerie ! Quant à sa veste il s'agit d'une veste de couvreur, avec des poches pour les outils plaquées sur la poitrine, qu'il achète chez Laboureur, une marque Bourguignonne. Ainsi, en terme d’image, le candidat de gauche parle aux travailleurs et montre qu’il est, jusque dans ces vêtements, quelqu'un  de simple.

 

Du côté de l'extrême droite, Marine Le Pen elle aussi cherche à se démarquer de la classe politique qui vivrait « au dessus des moyens de la plupart des Français ». Elle cherche, et réussit assez justement, a viser un électorat populaire et traditionnel. Elle a un look classique qu’elle sait adapter en fonction de la situation. Elle s’habille très principalement en tailleur-pantalon relativement décontracté, afin d’évoquer une femme de terrain. Elle s’amuse sur les couleurs afin d’adoucir son discours. Lorsqu’elle en porte, elle les choisit assez claires et lumineuses (bleu ciel, jaune pâle…) afin d’évoquer quelque chose de positif et d’apaisant. On la sent féminine: elle est toujours bien maquillée, bien coiffée, elle aime les foulards et porte des talons. Elle reflète une femme classique, mais évoluant dans un milieu professionnel sérieux, qui ne s’égare pas, qui peut être un Meneur de navire.

 

A droite, François Fillon , qui donne au premier abord  une image assez lisse et classique, est très initié en matière de style. On remarque d’ailleurs qu’il est régulièrement cité dans le magazine de mode masculin GQ comme une référence en matière de bon goût. Serge Carreira, maitre de conférence à Science Po, lui reconnait beaucoup de sincérité dans son style "C'est très inné. Il y a une unité entre sa personnalité et son apparence. ». Adepte du costume bleu marine-chemise blanche-cravate lie de vin, il se fiche de la mode, il sait simplement ce qui lui va et il choisit ses vêtement avec soin.

 

Le parallèle pourrait être fait avec le style adopté par Jean-Luc Mélanchon en 2012. Même couleurs, même style. Mais si Mélanchon souhaitait avant tout arborer les couleurs de son parti, François Fillon lui, régulièrement surnommé « le Dandy », sait surtout ce qui lui va, et souhaite rester Maitre de son image. Il reflète une certaine élégance classique, évoque de la fermeté paternelle et une grande discrétion. Si son style tranche avec le style plus éclatant de Nicolas Sarkozy avant lui, il n’en demeure pas moins attaché aux détails. François Fillon porte toujours des chaussettes rouges, Gammarelli; note d’humour et d’originalité. Il est cependant tout de même amusant de noter que cette même marque fournit également le Vatican…

 

Sur la coupe des costumes, on note que le costume sur-mesure est LA tendance.  Si l’on prend l’exemple des deux leaders de la primaire de la droite,  François Fillon et Alain Juppé, deux écoles se sont opposées: L’école classique de Juppé, arborant des costumes larges et des chemises à carreaux, et  Fillon, arborant les nouvelles règles des costumes plus cintrés, au tombé de veste parfait. Image actuelle,  soignée,  plus dynamique, le sur-mesure est définitivement contemporain. Peut-être est-ce l’un des détails qui a convaincu l’électorat d’aujourd’hui ?

 

On l’aura donc compris, une carrière politique est avant tout basée sur des idées. Mais le message sera d’autant plus efficace lorsqu’il sera accompagné d’une Image bien gérée, cohérente et  mise en oeuvre dans le temps. Elle permettra une meilleure compréhension de la personnalité politique et donc … de ses idées !

 

Marine-Lorraine Baud

 

*     Sociologue et auteur du  livre « le poids des apparences »

*    * Propos recueillis par le magazine Elle - Février 2006

    apparence des politiques

Apparence, beauté et politique (13 février 2014)

Un brushing irréprochable, un maquillage étudié. Tous les mardis et mercredis, c’est le même rituel, le même passage obligé chez le coiffeur de l’assemblée pour la transmission télé des questions d’actualité au gouvernement.

Si d’aucuns trouvent cette préoccupation futile, c’est en réalité une arme de communication massive. A l’heure où les élections municipales approchent, on se pose la question, faut-il être beau pour être élu ?

La mode s’est en effet depuis quelques temps, incrustée dans le débat.  Le look des candidats est devenu un véritable enjeu médiatique. Depuis un moment déjà les magazines féminins décortiquent le style des femmes au pouvoir. Ce qui est nouveau c’est que le look des hommes passionne aussi les médias.

Tous savent en effet qu’une apparence soignée, cela compte pour gagner une élection, notamment les voix des plus indécis. Pour autant, très peu encore aujourd’hui, oseront l’avouer.

 

Dirigeant, candidat, maire, président, nul ne peut ignorer les études menées aux Etats-Unis, qui ont prouvé l’impact d’un physique séduisant sur le choix fait dans l’isoloir. Selon la dernière en date, menée sur plusieurs années par l’économiste Daniel S. Hamermesh, les candidats à une élection ont 56% de chances de gagner s’ils sont beaux, contre 44% pour leurs rivaux moins séduisants.

« Pourquoi les électeurs ne serait-il pas influencés par la beauté d’un candidat, explique Jean-François Amadieu, alors que toutes les études prouvent que des employeurs le sont quand il s’agit de recruter ? Si un candidat obéit aux standards de la belle apparence – bonne taille, pas de surpoids, bonne santé, forme physique, visage bronzé et élégance vestimentaire –, il part forcément avec une longueur d’avance. »* Les professionnels de la communication politique le savent : sur une affiche électorale, une apparence peu soignée, à de rares exceptions près, est rédhibitoire.

Et aujourd’hui de plus en plus de politiques l’ont bien compris.

Ainsi, en 2007, les médias n’ont pas hésité à décortiquer le relooking de Ségolène Royal, puis les garde-robes de Rachida Dati et de Nathalie Kosciusko-Morizet, sans oublier le style impeccable de Christine Lagarde qui a même fini par poser dans les pages du Vogue américain.

Et les hommes non plus n'ont pas échappé à ce décryptage. Dans le magazine GQ, on apprend notamment que Nicolas Sarkozy commande ses costumes chez Georges de Paris, un tailleur situé à Washington dont les autres clients s’appellent Barack Obama ou Dominique Strauss-Khan. François Hollande, lui, a fait appel à Mustapha, l’ancien tailleur de Nicolas Sarkozy. Et puis côté cravate on découvre que François Bayrou en a toujours un stock dans le coffre de sa voiture, que Nicolas Sarkozy les aime en grenadine de soie, et que François Hollande fait une fixette sur le nœud en goutte d’eau.

Difficile pourtant de connaître l’influence réelle du physique sur le bulletin de vote. A travers les sondages, en France particulièrement, peu sont les électeurs qui avouent avancer le critère esthétique dans leur penchant pour un candidat.

 

Dans ce grand jeu de séduction, gare, toutefois, à l’effet boomerang renvoyé par les urnes… « Si elle n’est pas assortie d’humanité, la beauté peut agacer l’électeur et devenir un handicap, avertit Marc Vanghelder. Quand on a rien à proposer, la beauté dessert. »*

Les conseillers en communication le savent bien, tout l’enjeu consiste à utiliser l’avantage physique sans que l’électeur ne s’en aperçoive. Un art subtil que tous ne savent pas manier…

En Inde par exemple, aucune femme politique ne portera de sac à main car considéré comme un signe de frivolité. Une frivolité qui a coûté cher à certains du côté français. On pense à la rolex de Nicolas Sarkozy ou au penchant de Rachida dati pour les tenues Dior, sans oublier l’incident de la bague Chaumet, que la garde des sceaux portait à la main gauche. Le bijou estimé à 15 000 € avait tout simplement été effacé d’une photo parue à la Une du Figaro et ce pour éviter la polémique d’après le quotidien. Enfin aux Etats-Unis, les 150 000 $  investis dans le look et le maquillage de Sarah Pallin en 2008 avait également révolté le pays.

Bref la mode n’ a pas fini de s’inviter dans l’isoloir !

 

* Propos recueillis par le magazine Elle - Février 2006

    Look Sarkozy

Présidentielle : le look de Nicolas Sarkozy (16 avril 2012)

Actuel président de la République et candidat à l’élection présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy maitrise son look, attention cependant à ne pas paraître trop distant…

Nicolas Sarkozy maitrise parfaitement les codes de la politique actuelle, c’est à dire le costume sombre, la chemise claire et la cravate neutre. Un look qui affirme son sérieux et lui donne de la stature.

Le costume sur mesure est d’ailleurs indispensable à chaque homme politique, mais Nicolas Sarkozy a tendance à les choisir un peu « trop » sur mesure. Et aujourd’hui, tout l’art d’un politicien c’est justement de savoir porter des vêtements adaptés sans que cela ne se voit trop pour ne pas paraître éloigné des gens.

Donc, en terme d’image, les forces de Nicolas Sarkozy sont sa rigueur et son côté structuré. Par contre sa faiblesse c’est d‘être un peu trop pointu dans son image. Et c’est notamment ce qui lui a été reproché au début de son mandat en tant que Président, c’est à dire son image un peu « bling-bling » qui le discréditait auprès des français. Une image « trop travaillée » qu’il a cependant essayé d’adoucir aujourd’hui afin de ne pas perdre en crédibilité.

Le conseil que nous pourrions donner à Nicolas Sarkozy, c’est donc justement d’essayer de faire oublier ce côté trop « haut de gamme » qui créé de la distance avec les électeurs et d’adoucir son image en revenant à des classiques.

    Look philippe poutou

Présidentielle : le look de Philippe Poutou ()

Quasiment inconnu du grand public, Philippe Poutou est le candidat à l’élection présidentielle de 2012 qui n’arbore pas du tout les codes politiques traditionnels. Analyse.

Philippe Poutou a vraiment un look complètement décontracté, on voit qu’il est juste là pour défendre ses idées et les mettre en avant. C’est vraiment « on y va tous ensemble ! ».

Il porte généralement des chemises avec des pulls, ou des petits blousons cubes en coton brut par dessus. Je ne l’ai jamais vu porter une veste de costume, mais pourquoi pas un jour ! Ce qui sauve un petit peu son image, ce sont les cols de ses chemises qui vont lui permettre de restructurer sa silhouette.

Mais malgré cela Philippe Poutou n’est pas du tout dans les codes politiques traditionnels. On voit clairement que ce n’est pas un choix de carrière, mais que ce sont ses convictions qui l’ont amené vers la politique.

    Look François Hollande

Présidentielle: le look de François Hollande ()

En quelques mois seulement, François Hollande a réussi à changer complètement son image et s’est présidentialisé. Analyse. 

François Hollande est un candidat qui a énormément travaillé son image et qui a également appris à en maitriser les codes. Son changement spectaculaire en terme de morphologie n’est pas passé inaperçu. Et encore aujourd’hui, il suffit de comparer son affiche du début de la campagne et l’affiche actuelle pour voir qu’il met en avant un côté beaucoup plus rigoureux et structuré parce que c’est vraiment ce qu’on attend de lui. Il est vraiment en rupture avec ce côté trop « mou » qu’on lui a longtemps reproché et qui discréditait complètement ses idées.

Donc aujourd’hui, François Hollande respecte parfaitement les codes de la politique actuelle. Il va même au delà de son look vestimentaire et n’hésite pas à changer son affiche de campagne pour afficher son côté plus dynamique.

Si j’avais un conseil à donner à François Hollande, ce serait justement de ne pas trop travailler son image. Il y a réalisé une « révolution » morphologique de sa silhouette et aujourd’hui il est arrivé au bon stade.

Il utilise des codes beaucoup plus actuels, il porte des costumes plus près du corps et sa coupe de cheveux est également plus courte. Tout est donc parfait, mais attention à ne pas renverser la tendance en affichant une image qui serait trop travaillée car là il risquerait de paraître beaucoup plus distant des français et ça pourrait lui jouer des tours.

    Look Nathalie Arthaud

Présidentielle : le look de Nathalie Arthaud ()

Candidate de Lutte Ouvrière à l’élection présidentielle de 2012, Nathalie Arthaud a un look en parfait accord avec les valeurs qu’elle défend.  Analyse.

Nathalie Arthaud a une image qui représente bien les valeurs qu’elle défend. Elle est simple, mais on voit qu’elle a conscience qu’elle est dans la représentation. Son look n’est pas négligé et quand on va dans le détail on remarque qu’elle y fait attention. Sa coupe de cheveux est soignée, elle tend d’ailleurs à les laisser pousser depuis quelques temps… Elle portera éventuellement des bijoux et sera très légèrement maquillée lors de ses interventions télévisées. Quelques touches de féminité qui seront toujours dans la discrétion.

Bien que Nathalie Arthaud soit toujours dans la simplicité et la décontraction, on voit qu’elle a parfaitement conscience d’être dans la représentation, bien plus que Philippe Poutou par exemple !

    Look Marine le Pen

Présidentielle: Le look de Marine Le Pen (12 avril 2012)

Marine le Pen fait partie de ces femmes qui incarnent parfaitement la politique française. Un look qu’elle a travaillé depuis plusieurs années et qui lui permet aujourd’hui d’être mieux entendue.

Marine le Pen a toujours eu une image très dure qui est notamment due à celle de son père et du parti qu’elle représente. Mais son image elle la travaille depuis des années.

Aujourd’hui, à l’aube de l’élection présidentielle de 2012, elle dégage une image beaucoup plus douce, elle s’est féminisée et a également perdu beaucoup de poids. Des changements qui vont lui permettre d’être mieux entendue et d’avoir plus d’impact car son image sera mieux perçue.

Généralement en tailleur, Marine Le Pen maitrise parfaitement les codes de la politique actuelle, et grâce à son image qui s’est adoucie et une structure plus arrondie, l’électeur sera bien plus attentionné au discours puisqu’on ne sera pas dans la confrontation.

    Look-Bayrou

Présidentielle : le look de François Bayrou (5 avril 2012)

S’il y a bien un candidat qui sait se montrer proche des gens en arborant un style tantôt classique tantôt plus décontracté, c’est François Bayrou. Mais son discours est-il cohérent avec l’image qu’il dégage ?

Le look de François Bayrou correspond parfaitement aux codes de la politique actuelle, le costume sombre, la chemise blanche et la cravate de couleur. Cependant son discours est mis à mal par ses costumes souvent trop lâchent qui auront tendance à lui enlever ce côté dynamique que l’on attend de lui, et que François Hollande notamment a eu tant de mal à retrouver.

Ses costumes droits ne sont ni structurés ni près du corps. Or il gagnerait à apporter un peu plus de structure à ses costumes et à ses cols de chemise, pour être plus cohérent avec son discours.

Aujourd’hui, François Bayrou représente la rigueur et met en avant un discours à la fois économique et social. Si je devais lui donner un conseil, ce serait justement de restructurer légèrement sa garde-robe pour que l’image qu’il dégage soit en cohérence avec son discours.

Il suffirait que François Bayrou porte des costumes plus structurés, arbore des couleurs plus classiques et qu’il fasse attention à sa coupe de cheveux qui manque de rigueur, pour avoir un avantage supplémentaire et appuyer son discours.

Aujourd’hui François Bayrou partage un peu plus les codes des intellectuels, des personnes qui réfléchissent beaucoup et qui ont énormément d’idées mais qui ne vont pas forcément les concrétiser donc c’est un peu le danger pour lui…

    Look-Mélenchon

Présidentielle : le look de Jean-Luc Mélenchon (2 avril 2012)

Avec une montée en puissance dans les sondages, Jean-Luc Mélenchon a parfaitement su adopter les codes politiques. Un style qui est en parfaite cohérence avec le discours d’un candidat à la présidentielle qui n’a pas sa langue dans sa poche !

 

Jean-Luc Mélenchon, un candidat à la présidentielle qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui sait se faire remarquer dans les débats politiques. Il aime pousser des coups de gueule quitte à en bousculer certains s’il le faut… Jean-Luc Mélenchon est un candidat important dans la vie politique.

En terme d’image, il a parfaitement su adopter les codes politiques et semble d’ailleurs avoir trouvé son style de campagne : un costume sombre, une chemise blanche et une cravate ou écharpe lie-de-vin. Un style qui ne le quitte plus et qui ressemblerait presque à un uniforme. Et bien qu’il prétende ne pas avoir de stratégie d’image, l’image de Jean-Luc Mélenchon est parfaitement cohérente avec son discours. Quant à son côté rebelle, il ressort par sa coiffure et des cheveux souvent mal coupés voire embroussaillés qu’il mélange habillement avec la structure de son costume.

Le look de Jean-Luc Mélenchon forme un joyeux mélange complètement cohérent avec son discours, un peu « rentre dedans » mais qui est là pour réveiller les consciences.

Un conseil pour Jean-Luc Mélenchon ? Je n’en ai pas forcément puisque c’est quelqu’un qui est là pour relancer les débats d’idées et il le fait très bien.

    L'internaute

Le look, argument électoral et business (12 décembre 2011)

Le relooking, ou l'art de modifier l'aspect d'une personne pour l'améliorer ou le moderniser, est entré dans les mœurs depuis déjà plusieurs années. Mais il est réellement devenu visible en politique depuis peu. La présidentielle de 2007 et l'importance accordée au physique d'une Ségolène Royal ou d'un Nicolas Sarkozy ont certainement constitué un palier dans ce domaine. Tout comme le palmarès du look en politique que le Nouvel Obs a publié en 2010  (François Baroin meilleur "relooking", Rama Yade "grand prix du jury").

De plus en plus d'hommes et de femmes politiques font appel non plus à des "conseillers en communication", mais à de véritables "conseillers en image personnelle ou professionnelle" ou encore à des "coachs". Ceux-ci, comme Jacques Séguéla, Thierry Saussez ou encore Jean-Luc Mano, s'intéressent bien sur à l'art du discours, à la manière de faire passer une idée, de se comporter sur un plateau de télévision ou face à des journalistes (le fameux "media training").

Mais ils sont de plus en plus nombreux également à s'intéresser à la morphologie d'un candidat, à la manière dont, physiquement et esthétiquement, il pourra "mettre en valeur sa personnalité". Une expertise qui, cette fois, déborde sur les métiers de coiffeur, visagiste, créateur de mode ou couturier, ou encore d'entraineur sportif. Reste qu'ils (elles ?) sont encore peu, comme Caroline Baly ou Julie Imperiali, à se revendiquer ouvertement de cette profession, discrétion et secret professionnel obligent.